La pâtisserie des couvents à Palerme

Les pâtisseries secrètes des couvents de Palerme

Au cœur de Palerme se cache une tradition gourmande vieille de plusieurs siècles : la pâtisserie des couvents siciliens.

Cannoli, cassate, biscuits aux amandes et douceurs à la ricotta… derrière certaines des pâtisseries les plus emblématiques de Sicile se trouve un héritage intimement lié aux monastères et aux religieuses cloîtrées. Pour partir à la découverte de cette histoire, il existe aujourd’hui un lieu particulièrement précieux : I Segreti del Chiostro, installé dans l’ancien monastère de Santa Caterina d’Alessandria, en plein cœur de Palerme.

Santa Caterina, un trésor au cœur de Palerme

À quelques pas de la Piazza Pretoria et des Quattro Canti se dresse le complexe de Santa Caterina d’Alessandria, remarquable témoignage de l’art baroque sicilien. Pendant des siècles, derrière les murs du monastère, les religieuses cloîtrées confectionnaient des pâtisseries selon des recettes jalousement transmises de génération en génération.

Ces douceurs étaient préparées à partir d’ingrédients profondément ancrés dans la cuisine sicilienne : amandes, pistaches, agrumes, miel, ricotta ou encore pâte d’amande. La pâtisserie était alors bien plus qu’un simple plaisir gourmand. Elle représentait un véritable savoir-faire et constituait une partie importante de la vie des couvents palermitains.

Les secrets du cloître

Aujourd’hui, cet héritage revit grâce au laboratoire de pâtisserie I Segreti del Chiostro. Le projet est né d’un important travail de recherche autour des anciennes recettes des monastères de Palerme, avec l’ambition de préserver une tradition qui risquait peu à peu de disparaître.

Parmi les personnes à l’origine de cette redécouverte figure Maria Oliveri, passionnée d’histoire, d’art et d’anthropologie. Ses recherches sur la tradition pâtissière conventuelle ont notamment donné naissance à l’ouvrage I Segreti del Chiostro – Storie e ricette dei monasteri di Palermo. À travers ce travail de mémoire, des recettes autrefois préparées derrière les murs des couvents ont pu retrouver une nouvelle vie.

Des pâtisseries autrefois préparées dans le secret

Pendant des siècles, les religieuses vivaient selon les règles strictes de la clôture et leurs contacts avec le monde extérieur étaient extrêmement limités. Pourtant, les habitants de Palerme connaissaient bien leurs pâtisseries.

Les douceurs préparées à l’intérieur du couvent pouvaient être vendues grâce à une étonnante roue en bois, permettant de faire passer les pâtisseries d’un côté à l’autre du mur sans que les religieuses cloîtrées aient de contact direct avec l’extérieur. Une tradition qui perdurera jusqu’au XXe siècle et dont le souvenir fait aujourd’hui partie de l’histoire gourmande de Palerme.

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